Même dans une guerre qui évolue aussi rapidement, certains événements ont la capacité de surprendre. La décision du chef du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, d’ordonner à ses troupes de remonter vers la Russie, où il affirme occuper le QG militaire de Rostov, semble avoir laissé le Kremlin perplexe.
Le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié l’action de Prigojine d’« équivalente à une mutinerie armée » et de « tentative de subversion de l’intérieur ». Dans une allocution télévisée d’urgence, il a qualifié la rébellion de trahison et s’est engagé à punir toute personne ayant pris les armes contre l’armée russe.
Des images vidéo vérifiées par le New York Times semblent montrer les troupes du groupe Wagner en train d’entrer dans Rostov.
Prigojine aurait jusqu’à 50 000 combattants entraînés sous son commandement. Le groupe de mercenaires Wagner a été le plus touché par les combats les plus violents, notamment lors de la sanglante bataille de Bakhmut.
Les raisons de l’apparente mutinerie de Prigojine ne sont pas encore claires. Mais les déclarations de Prigojine étaient explicitement dirigées contre les dirigeants militaires russes et le ministère de la Défense. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre, le patron du groupe Wagner a affirmé que le Conseil des commandants Wagner avait pris la décision de mettre fin « au mal causé par les dirigeants militaires » qui ont négligé et détruit la vie de dizaines de milliers de soldats russes. Cela semble être une référence directe à la controverse qui avait éclaté pendant la campagne de Bakhmut et selon laquelle les unités Wagner avaient été délibérément privées de munitions.
Au cours des dernières semaines, le ministère de la Défense – apparemment avec le soutien de Poutine – a annoncé qu’il placerait le groupe Wagner et d’autres forces irrégulières et milices sous son contrôle direct. Cette…
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Auteur: Tracey German, Professor of Conflict and Security, King’s College London

