Les économistes libéraux ont toujours considéré la guerre comme un phénomène historique irrationnel du point de vue économique. Or les deux guerres mondiales et les guerres impérialistes peuvent être interprétées comme la continuation des logiques du capitalisme par d’autres moyens. Rosa Luxembourg nous aide à comprendre les poussées guerrières et impérialistes actuelles du point de vue de la rationalité du capital.
Au contraire de Lénine, qui pensait que l’impérialisme, comme phase ultime du capitalisme, conduisait tout droit à la socialisation intégrale de la production, Rosa Luxembourg estimait que les contradictions du capitalisme hautement industrialisé avaient plus de chances de déboucher sur des tensions guerrières.
Sur le même sujet : L’ère du capitalobscène
Le capitalisme est un système fondé sur le développement des forces productives, et ce développement doit s’incarner dans la réalisation du profit. Or les profits ne sont réalisés que si les marchandises produites en quantité toujours plus grande sont vendues. Comme les capitalistes cherchent à faire des profits en maintenant les salaires au plus bas, le bouclage entre capacité de production en croissance et capacité de consommation limitée n’est pas garanti a priori, et le plus probable est que le capitalisme se trouve souvent en crise de surproduction.
La solution du capitalisme aux crises de surproduction, c’est vendre à des populations toujours plus vastes des produits toujours plus nombreux.
La réponse keynésienne à ce problème est l’augmentation des salaires et/ou l’augmentation des dépenses sociales soutenues par la dette publique. Mais Rosa Luxembourg ne croyait pas cette solution durable dans le cadre de la logique du capital, car elle baisse le taux de…
Auteur: Mireille Bruyère

