Les militaires israéliens le surnomment le « métro de Gaza ». Le quotidien israélien Maariv, lui, a titré cette semaine sur un « enfer sous terre ». Quant aux experts, ils évoquent plus sobrement une « véritable ville souterraine ».
Le tentaculaire réseau de tunnels que contrôle le Hamas dans l’enclave palestinienne est sans conteste l’un des enjeux clés de la guerre qui oppose Israël à ce mouvement islamiste depuis son attaque surprise du 7 octobre, et qui semble être entrée ce samedi 28 octobre dans une nouvelle phase.
Après une nuit de frappes d’une intensité inédite dans le nord du territoire, déjà exsangue après trois semaines de bombardements, l’armée israélienne a annoncé que ses avions de combat avaient atteint pendant la nuit « 150 cibles souterraines ». Parmi elles, « des tunnels utilisés par les terroristes, des sites de combat et d’autres infrastructures souterraines ». L’armée a aussi fait état de « plusieurs terroristes du Hamas tués ».
30, 40 voire 70 mètres sous terre
Israël est convaincu que le mouvement islamiste palestinien dirige et organise l’essentiel de ses opérations depuis ce gigantesque réseau, qu’il y stocke son arsenal et y détient les otages. Ce dédale souterrain pourrait en tout cas constituer une arme décisive pour le Hamas en cas d’offensive terrestre d’ampleur, face à une armée de terre israélienne certes massive et bien équipée, mais peu accoutumée à la guérilla urbaine.
Si l’étendue de ce labyrinthe est difficile à évaluer, certains experts estiment qu’il compte environ 1 300 galeries, d’une longueur totale d’environ 500 km. En mai 2021, Israël avait affirmé avoir détruit 100 kilomètres de tunnels, notamment à l’aide de bombes antibunkers capables d’exploser sous la surface du sol. « L’occupant n’a pas réussi à détruire 5 % du métro de Gaza », avait rétorqué Yahya Sinwar, le chef du Hamas.
Hauts et larges…
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Auteur: Mélinée Le Priol

