Les guerres coloniales ou impérialistes ont leur loi. Elles se gagnent rarement sur le champ de bataille et elles se perdent souvent dans le pays des assaillants. La France en Algérie, les États-Unis au Vietnam ont fini par être vaincus par des mouvements anti-guerre surgis de leurs propres sociétés qui n’ont plus supporté de voir les images ou d’entendre les échos des massacres commis en leur nom. Et, peut-être moins encore, de perdre leurs enfants dans des guerres injustes et dépourvues de sens. Sommes-nous à cet instant de bascule dans les guerres israélo-américaines en Iran et au Liban ? On assiste en tout cas aux premiers craquements.
Le risque pour Trump est celui d’une fusion improbable dans l’opinion entre cette Amérique des droits humains et celle qui l’a porté à la Maison Blanche.
Un océan de manifestants s’est répandu le 28 mars dans de nombreuses villes des États-Unis. On parle de huit millions de personnes. Et la colère ne portait pas sur la hausse des prix du carburant ; elle était pacifiste et humaniste, mêlant la guerre à toutes les attaques contre la démocratie auxquelles se livre Trump. Elle était tout en révolte contre l’imposture de dirigeants qui avaient prétendu voler au secours du peuple iranien et qui le mettaient plus que jamais en danger. Le risque pour Trump est celui d’une fusion improbable dans l’opinion entre cette Amérique des droits humains et celle qui l’a porté à la Maison Blanche, isolationniste et nationaliste, qui ne supporte pas que leur président agisse sous la dictée d’Israël.
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En Israël, parlons-en, la colère est loin d’être comparable. La propagande n’a pas fini de répandre son…
Auteur: Denis Sieffert

