FIDEL CASTRO RUZ, Guerrillero du Temps. Conversations avec le leader historique de la Révolution cubaine, KATIUSKA BLANCO CASTIÑEIRA, La Havane, 2011, Ediciones Abril, chapitre premier, pp. 1-67
Maison, parents, arbres, lumière de bougies et de becs de gaz, premiers souvenirs, mort insondable, fraîcheur dans les combles (soupente, sous-sol), Fête des rois, remèdes maison, Manacas, scieries, monter à cru, libre dans les parages, coqs, amitié, sans la franchise de Rousseau, venir au monde
KATIUSKA BLANCO. Comandante, José Martí croyait qu’on pouvait raconter l’histoire de l’homme à travers ses maisons. Pour moi, la maison est abri, et même dans la mémoire. Depuis que j’ai étudié la poésie du Péruvien César Vallejo, un de ses poèmes sur une maison où ne vit plus personne ne cesse de m’accompagner. Des vers émouvants :
« Quand quelqu’un s’en va, quelqu’un reste. Le point par où un homme est passé n’est plus seul. Ne reste seul, de solitude humaine, que l’endroit où nul homme n’est passé. Les maisons nouvelles sont plus mortes que les maisons vieilles, parce que leurs murs sont de pierre ou d’acier, mais pas d’homme. Une maison d’homme vient au monde, non quand on vient de l’édifier, mais quand on commence à l’habiter. »
Je ne peux vous expliquer par quels détours de l’âme ces vers me conduisent toujours à la maison cachée de mon enfance, mais aussi à la vôtre, à Birán. Vous y êtes retournés pour votre soixante-dixième anniversaire. J’ai été témoin de ce retour, et j’attendais depuis l’occasion de vous interroger sur les souvenirs que vous avez de la maison où vous êtes né.
FIDEL CASTRO. Mon père l’a construite avant notre naissance, à une époque où il avait des ressources économiques, des revenus relativement élevés. Les terres de mon père étaient entourées de celles de différentes grandes compagnies étasuniennes qui se développaient dans la zone. Ainsi,…
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