Tandis que les États-Unis cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en pétrole — comme l’assumait Donald Trump après son intervention militaire du 3 janvier au Venezuela —, la Colombie prend le chemin inverse. Depuis son arrivée à la présidence du pays, en 2022, Gustavo Petro a entamé une transition énergétique ambitieuse et n’a pas hésité à contrarier l’allié historique nord-américain. Les velléités expansionnistes de Trump contrastent ainsi avec la politique de l’ancien guérillero qui entend positionner son pays à l’avant-garde de l’écologie et en faire un acteur incontournable de la diplomatie climatique.
Dès le début de sa campagne électorale, le candidat de gauche annonçait vouloir rompre avec une économie fondée sur le charbon et le pétrole. Une fois élu, il a acté l’arrêt de nouveaux contrats d’exploration pétrolière — les plus de 330 contrats déjà existants sont, eux, maintenus. Une décision inédite en Amérique latine. « Le président a fixé des standards très importants en matière de diplomatie environnementale. Ce n’est pas si courant, même parmi les gouvernements les plus progressistes », souligne Laura Bonilla, sous-directrice de la Fondation Paix et Réconciliation.
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Après l’opération militaire au Venezuela, Donald Trump a fait planer le doute quant à une intervention similaire en Colombie. Le président de gauche a donc appelé à se rassembler, le 7 janvier, contre l’impérialisme. Cette fermeté a rapidement laissé place à une tentative d’apaisement. Après un échange téléphonique avec Washington, Petro a affirmé, sur X, avoir proposé aux États-Unis une alliance fondée sur « les énergies propres ». Il a évoqué un plan d’investissement de 500 milliards de dollars pour « couvrir 100 % du mix énergétique américain » grâce au « potentiel énergétique…
Auteur: Camille Bouju

