Le nombre de récompenses obtenues dans sa vie par le chef Guy Savoy donne le vertige : trois étoiles au guide Michelin et élu meilleur restaurant du monde pour la neuvième année consécutive sur mille restaurants. Mais à l’entendre, les appellations « chef » et « meilleur » ne lui conviennent guère. « J’ai des problèmes avec le mot chef c’est vrai, mais j’ai des problèmes aussi avec le mot meilleur. Meilleur pour moi ça ne veut rien dire. Mon souhait c’est d’être unique, c’est très prétentieux », lance-t-il le sourire aux lèvres.
Le pari est réussi depuis sa nomination à l’Académie des beaux-arts en 2024. Une première mondiale pour un cuisinier-restaurateur qu’il qualifie de « belle avancée pour la cuisine ». Il espère qu’elle « désinhiber[a] des adolescents qui auront peut-être moins peur de dire qu’ils veulent être cuisinier et puis des parents qui auront peut-être moins honte entre guillemets, en se disant que la cuisine est représentée à l’Académie des beaux-arts et fait partie de l’Institut de France. »
Optimisme sur les nouvelles générations
Guy Savoy porte un regard bienveillant sur la jeunesse et son rapport au travail, à rebours des clichés : « Je m’aperçois qu’il y a toute une génération qui est formidable, passionnée. Ils ont vraiment envie de travailler et ont une volonté de chercher la case où ils vont être bien », et d’ajouter, « si un adolescent veut être…
Auteur: Robin Jeangerard

