Cayenne (Guyane), correspondance
Les croisiéristes du Club Med ont eu droit à un spectacle inhabituel en se rendant, le 13 février, aux îles du Salut, au large de Kourou, en Guyane. Au mouillage de ce petit archipel abritant les vestiges du bagne, ils ont pu observer le John Paul DeJoria II, imposant patrouilleur de 71 mètres arborant le pavillon noir de Sea Shepherd France, dont le camouflage évoque les bâtiments militaires.
Le vaisseau est arrivé il y a quelques semaines au large de la Guyane pour une campagne « au long cours » contre la pêche illégale qui ravage la biodiversité marine et asphyxie le secteur de la pêche légale depuis près de trente ans. En 2024, une étude montrait que la pression illicite avait doublé en dix ans. Plusieurs espèces emblématiques de la faune marine locale sont menacées d’extinction, comme les tortues luths ou les lamantins, mais aussi les acoupas et vivaneaux rouges, des poissons très consommés dans la région.
« Éviter que l’écosystème marin ne s’effondre »
À bord de ce « bateau végane », où aucun produit d’origine animale n’est consommé, des mondes très différents se sont rencontrés. Les militants écologistes ont accueilli le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de Guyane, des représentants de l’État et plusieurs associations locales engagées contre la pêche « illicite, non déclarée et non réglementée » (INN) pour présenter leur projet de campagne et discuter stratégie.
« Nous venons en Guyane car il y a urgence à agir pour éviter que cet écosystème marin ne s’effondre dans les années à venir. Nous avons une certaine expertise pour les campagnes de plusieurs années et pour mobiliser l’opinion publique hexagonale, très peu informée sur ce sujet », résume Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France venue pour l’occasion.
Le John Paul DeJoria II, déjà équipé de…
Auteur: Enzo Dubesset

