Il existe une forme de malhonnêteté intellectuelle plus redoutable que le mensonge, celle qui emprunte le langage de la rigueur pour mieux maîtriser la conclusion. Le documentaire « Palestine : une histoire », diffusé sur France 5, en offre un exemple particulièrement travaillé. Sur trois épisodes, il convoque le paradigme du colonialisme de peuplement, donne à voir la dépossession historique du peuple palestinien, interroge des témoins, palestiniens notamment, cite des archives, partage des cartes, etc. Tout cela pour aboutir, dans son dernier épisode, à la conclusion la plus convenue qui soit : deux camps, deux extrémismes religieux responsables de manière symétrique. Les Palestiniens seraient finalement tout autant responsables de leur dépossession et du génocide qu’ils subissent actuellement. Le détour historique n’aura servi qu’à habiller d’un vernis de rigueur ce que le discours dominant occidental répète depuis des années.
Les deux premiers épisodes comme construction rhétorique
Les deux premiers épisodes retracent la dépossession coloniale du peuple palestinien, s’inscrivent dans le cadre du colonialisme de peuplement et présentent le projet sioniste comme colonial. Travail utile, en apparence. Mais cette histoire n’est pas là pour comprendre, elle est là pour servir de caution à ce qui vient ensuite. L’épisode 3, le dernier, révèle la fonction des deux premiers ; toute la rigueur historique sur le colonialisme de peuplement était un détour rhétorique. Une fois posée, elle est abandonnée. On bascule vers une autre grille, celle de deux camps, deux extrémismes religieux qui s’affrontent et qui usent de la violence dans le même but.
Un cadrage religieux assumé
Dès les premières minutes de l’épisode 3, le décor est exclusivement religieux. Des hommes qui prient dans la rue. Le Hamas décrit comme mû par une « action idéologique » visant un « État…
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