Pour vivre heureux, vivons cachés. Tel est souvent le mantra de nombreuses familles et individus, autonomistes dans l’âme et amoureux de la nature, qui vivent en habitat léger. Et pour cause, si certaines mairies « tolèrent » la présence de quelques habitats réversibles sur leur territoire, ils sont bien souvent vus d’un mauvais œil.
Pourtant, la plupart de ces pionniers n’aspirent qu’à une chose : avoir une reconnaissance légale. Quitte à s’ériger en association, comme la pionnière HALEM, en collectif ou à travers la Fédération de l’habitat réversible. C’est le cas de Jonathan et Caroline, qui vivent depuis 4 ans avec leurs enfants dans le Périgord Vert sur leur terrain de 10 hectares, au sein du collectif « Le Croissant Fertile ».
Au lieu de mettre la nature sous cloche, ils ont initié le mouvement de Désobéissance Fertile avec une conviction forte : « plutôt que de dégrader, il nous faut aujourd’hui « aggrader » nos territoires ». Alors que 68% des espaces artificialisés en France le sont pour des logements, cela passe forcément par l’habitat.
Leur terrain est devenu un véritable laboratoire d’expérimentation de l’habitat réversible avec plusieurs constructions : une Figue (habitat poétique en architecture de cueillette), une maison en pétales (habitat léger adapté aux familles), une maison entièrement isolée en cartons récupérés ou encore une serre géodésique.
Caroline et Jonathan devant leur maison en pétales
Mais leur médiatisation et leurs revendications politiques ne sont pas du goût des autorités, qui ont décidé de les poursuivre en justice. Pourtant, il suffit de sillonner un peu la commune de Marval pour apercevoir çà et là d’autres habitats légers. La tolérance était historiquement de mise.
« Notre arrivée sur le territoire a été assez compliquée dès le début », raconte Caroline pour La Relève et La Peste. « Les RG ont tout de suite eu…
Auteur: Laurie Debove

