Il y a des classements dans lesquels il vaudrait mieux ne pas figurer. Celui-ci est un. Le Réseau Action Climat (RAC) a sorti, le 18 septembre, la liste des cinquante sites industriels les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France. Aciéries, raffineries, cimenteries… Reporterre a dessiné une carte des mauvais élèves du secteur. Et surprise ! Le pays a un nouveau champion.
Un an plus tôt, c’est l’usine d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) qui se glissait à la première place du classement. Elle a depuis été détrônée par… sa cousine dunkerquoise, propriété du même géant de la sidérurgie. Désormais, le fabricant d’acier pour les constructeurs automobiles détient avec ces sites les deux premières marches du podium. Leurs rejets constituent à eux seuls un cinquième de ceux de toute l’industrie française.
Naphtachimie, une usine spécialisée dans les produits chimiques implantée à une trentaine de kilomètres de Marseille sur la raffinerie de Lavéra, complète le trio. Viennent ensuite six cimenteries du groupe Lafarge, une raffinerie de pétrole de TotalEnergies nichée au bord de la Manche, une unité de production d’Arkema ou encore deux sites de la multinationale experte en transformation de minéraux Imerys.
Des scandales à chaque étage
Chacun de ces noms d’entreprises évoquent un scandale différent. Rejets de polluants illégaux, mise en danger de la vie d’autrui, falsifications de documents… En mars, ArcelorMittal a été mis en examen par le parquet de Marseille. De son côté, Arkema collectionne les accusations de contaminations aux PFAS, et Imerys, désireuse d’ouvrir une mine de lithium dans l’Allier, a été rattrapé il y a six mois par un scandale en Amazonie. Le groupe Lafarge est, lui, soupçonné par la justice de « complicité de crimes contre l’humanité » et « financement d’une entreprise terroriste », dont l’État islamique. Sans parler…
Auteur: Emmanuel Clévenot

