Haine en ligne : « Le simple fait d’être une femme et d’exister en ligne expose à des violences », indique Laure Salmona

« 84 % des victimes de violences en ligne sont des femmes ». Derrière ce chiffre, une réalité brutale, le cyberharcèlement est loin d’être que virtuel, il marque les corps, bouleverse les trajectoires de vie et pousse au silence. C’est le constat dressé par les intervenantes auditionnées jeudi 30 avril devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, lors d’une table ronde consacrée à « la protection des victimes de cyberharcèlement et la lutte contre la haine en ligne ». Depuis plusieurs mois, la délégation sénatoriale conduit une mission d’information sur le masculinisme, ces mouvances réactionnaires qui se développent sur les réseaux sociaux en ciblant les femmes, les féministes et les minorités. « Les espaces numériques ne sont pas seulement des lieux de diffusion de ces discours : ils en sont aussi les accélérateurs, les amplificateurs et parfois même les outils d’organisation », a souligné la sénatrice Dominique Vérien, présidente de la délégation. Autour de la table se sont réunies avocates, associations spécialisées, représentantes institutionnelles ainsi que victimes de cyberharcèlement de masse. Toutes ont décrit un phénomène systémique et profondément politique, où la haine en ligne sert avant tout à écarter certaines voix du débat public.

« C’est un problème d’hommes »

Victime de campagnes coordonnées de harcèlement, l’autrice, comédienne et militante féministe Typhaine D. a…

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Auteur: Emma Bador-Fritche

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