Depuis des décennies, les Haïtiens, soutenus par une coalition internationale, réclament à la France le remboursement de cette dette, au nom de la réparation et de l’égalité entre tous les êtres humains.
De nombreux observateurs considèrent cette dette comme l’un des facteurs du déclin socio-économique et politique d’Haïti au cours des deux derniers siècles. Le pays, qui comptait 12 millions d’habitants en 2021, est considéré comme “l’un des plus inégalitaires de la planète, avec un coefficient de Gini de 0,61 en 2012”, marqué par la paupérisation et la marginalisation.
C’est aujourd’hui le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. Plus de 6 millions d’Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté (avec moins de 2,41 dollars par jour) et plus de 2,5 millions sous le seuil de la pauvreté extrême. L’Indice de Développement Humain (IDH) est non seulement faible, mais aussi en recul depuis 2006 (149ème rang cette année-là,159ème en 2010, 161ème en 2012, 168ème sur 189 pays en 2018 et 158ème rang sur 193 en 2023. Cette situation socio-économique, au-delà des errements politiques internes, a, selon de nombreux experts, un lien avec la dette coloniale imposée en 1825.
Depuis son indépendance, proclamée le 1er janvier 1804, Haïti a connu des dictatures, des régimes autoritaires sanglants, des ingérences étrangères et des gouvernements de “rapaces” (Charles, 1994) qui gangrènent durablement la vie sociopolitique et creusent encore plus les inégalités sociales séculaires. À cela, s’ajoutent les catastrophes successives naturelles (séismes, ouragans, cyclones, inondations) et les épidémies qui, depuis un demi-siècle, plongent la population dans une précarité permanente et plombent les politiques publiques de développement.
Avec l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, la situation sociopolitique et économique du pays s’est aggravée, livrant Haïti aux mains de…
Auteur: Aggée Célestin Lomo MYAZHIOM

