Dans les rues de Port-au-Prince quadrillées par les gangs, une génération entière grandit dans la peur et la faim. L’assassinat du dernier président élu, Jovenel Moïse, en juillet 2021, a plongé cette nation insulaire des Caraïbes dans un tourbillon de violence d’une rare intensité. Plus d’une vingtaine de groupes armés se partagent désormais 85 % de la capitale et sèment la terreur dans tout le pays. « Le peuple haïtien est plongé dans une spirale de souffrances », a déploré Antonió Guterres devant le Conseil de sécurité.
Son constat est sans appel : l’autorité de l’État s’effondre, la violence des gangs s’étend et les civils font état de viols et violences sexuelles systématiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,3 million de personnes déplacées et 6 millions d’Haïtiens dépendant de l’aide humanitaire.
Selon Catherine Russell, la directrice exécutive de l’UNICEF, les enfants, qui représentent la moitié des membres des groupes armés, paient le plus lourd tribut. En 2024, plus de 1.300 d’entre eux ont été victimes de violations graves, soit près de cinq fois plus que l’année précédente. Les cas de violences sexuelles contre mineurs ont augmenté de 1.000 %. Un quart d’entre eux ont trait à des viols collectifs.
Pour mettre fin à cette escalade, le Conseil de sécurité a approuvé, il y a deux ans, le déploiement d’une force non-onusienne chargée d’aider la police nationale haïtienne à rétablir l’ordre. Dirigée par le Kenya, qui est aussi son principal fournisseur de contingents, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) devait compter 2 500 policiers issus de plusieurs pays.
Quel avenir pour la force multinationale ?
Mais face à la détérioration continue de la situation sur le terrain, le Secrétaire général a proposé au Conseil, fin février, de renforcer la MMAS par la création d’une structure onusienne d’appui opérationnel et logistique, qui…
Auteur: Nations Unies FR

