Pour de nombreux enfants haïtiens, le choix se réduit parfois à une alternative brutale : rejoindre un gang ou tenter de survivre dans un environnement où la violence s’est installée au quotidien.
Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a souligné la vulnérabilité particulière des mineurs pris dans cette spirale. « Aucun enfant ne devrait être contraint de choisir entre sa propre vie et la sécurité de ses voisins », a regretté Volker Türk.
Exploités, victimes de traite et maltraités, les enfants disposent de peu de voies de sortie. Les dispositifs destinés à empêcher leur recrutement et à accompagner leur réinsertion restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène.
« Ceux qui tirent profit de la situation de désordre actuelle sont déterminés à voir Haïti échouer. Ils cherchent à fragiliser son tissu social et à anéantir toute perspective de voir émerger un État plus fort. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire. Nous devons tous tourner notre regard vers Haïti », a ajouté M. Türk.
Un jeune garçon en Haïti participe à un programme soutenu par l’ONU visant à prévenir le recrutement par les gangs.
Des rêves plein la tête
Sur le terrain, les conséquences de cette crise se mesurent aussi à travers le parcours de jeunes confrontés, souvent très tôt, au recrutement et la violence des gangs. William O’Neill, l’expert sur les droits de l’homme en Haïti, a ainsi évoqué les témoignages de garçons âgés de 12 à 16 ans, dont les trajectoires présentent de troublantes similitudes.
L’un d’eux, enfant des rues, survivait en mendiant et en commettant de petits vols lorsqu’un homme lui a proposé d’abord un repas quotidien, puis de l’argent. Recruté comme guetteur, puis messager, il a finalement…
Auteur: Nations Unies FR
