L’assassinat, en juillet 2021, du dernier président haïtien élu, Jovenel Moïse, a plongé cette nation des Caraïbes dans la tourmante : vacance du pouvoir, luttes de clans et effondrement des institutions ont ouvert la voie à l’expansion des gangs, d’abord à Port-au-Prince, puis le long des grands axes routiers.
Depuis l’an dernier, Haïti est dirigé par un Conseil présidentiel de transition, avec à sa tête Laurent Saint-Cyr. Ce dernier est chargé d’organiser des élections générales d’ici le 7 février 2026, date butoir pour la remise du pouvoir à des dirigeants élus.
Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti et Chef du Bureau intégré des Nations Unies dans le pays (BINUH), au Conseil de sécurité de l’ONU.
Mais la transition s’enlise. « Le compte à rebours est enclenché, mais une trajectoire stable vers le rétablissement d’un gouvernement démocratique n’a pas encore émergé », a averti M. Ruiz Massieu, lors de sa première intervention devant le Conseil de sécurité depuis sa prise de fonctions au mois d’août. Il a néanmoins salué la décision des autorités haïtiennes, le 9 octobre, de renoncer à une réforme constitutionnelle pour se concentrer sur la tenue des élections.
Faute de scrutin, Haïti risquerait de se retrouver sans légitimité institutionnelle – une vacance du pouvoir qui ne ferait que s’ajouter au vide sécuritaire actuel.
La gangs gagnent du terrain
Les gangs armés, qui contrôlent au moins 80 % de Port-au-Prince, étendent désormais leur emprise au nord de la capitale, dans les départements du Centre, de l’Artibonite, de l’Ouest et du Nord-Ouest. En à peine quelques jours, début septembre, leurs assauts ont causé la mort de plus de 80 personnes dans plusieurs villes et villages, où deux stations de police ont été…
Auteur: Nations Unies FR

