Au siège des Nations Unies, à New York, Carlos Ruiz Massieu semble déterminé à renouer avec une forte présence onusienne en Haïti. « Nous devons être sur le terrain pour remplir notre mandat », déclare le principal envoyé de l’organisation dans le pays, fraîchement revenu de Port-au-Prince, où la situation demeure explosive. Devant les journalistes, il évoque un pays frappé par une « crise aux facettes multiples », de la violence des gangs à la faim, en passant par l’inertie de la transition politique.
Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti et Chef du Bureau intégré des Nations Unies dans le pays (BINUH), au Conseil de sécurité de l’ONU, le 22 octobre 2025.
Depuis deux ans, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), censé soutenir la stabilité politique du pays, conseiller les autorités en matière de sécurité et promouvoir les droits humains, n’opère plus qu’à effectif réduit. « La mission a dû être évacuée deux fois », rappelle le diplomate d’origine mexicaine, qui a pris la tête du bureau au mois d’août. En cause : l’insécurité chronique, les enlèvements, les tirs dans les rues et la fermeture de plusieurs axes.
« Lorsque je suis arrivé, le nombre total de personnels internationaux sur place était de dix-sept », confie-t-il. Mais il promet désormais une montée en puissance rapide : 75 % du personnel international seront de retour début novembre, et la totalité avant la fin de l’année.
Ce redéploiement logistique – rendu possible grâce à des accords d’évacuation avec la République dominicaine voisine et à la mise à disposition d’hélicoptères – symbolise, pour l’organisation, un retour dans la mêlée. « Dans le cas de l’ONU, nous devons être là pour remplir notre mission », insiste M….
Auteur: Nations Unies FR

