Les populations, déjà très pauvres, subissent la violence des gangs dans un État failli.
La nature de la crise
Haïti connaît une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent, provoquée par une violence extrême des gangs, une paralysie politique et une pauvreté profonde.
Des gangs criminels lourdement armés occupent une grande partie de la capitale, Port au Prince, contrôlant les routes et quartiers clés et coupant l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins de santé, aux écoles et à l’aide humanitaire.
Les gangs utilisent régulièrement le meurtre, l’enlèvement contre rançon et la violence sexuelle systématique pour terroriser les communautés et affirmer le contrôle.
Les services de sécurité haïtiens sont dépassés. Les Forces armées haïtiennes sont en sous-effectifs et faiblement équipées, tandis que la Police nationale haïtienne (HNP) manque du personnel, d’équipement et des ressources nécessaires pour affronter des dizaines de gangs bien armés.
Sans soutien extérieur, les autorités ne peuvent rétablir la sécurité de base, exposant les civils à la violence quotidienne et aux déplacements.
Selon les estimations de l’ONU, les gangs armés contrôlent environ 85 à 90% de Port-au-Prince. Des centaines de gangs sont actifs à l’échelle nationale, avec des milliers de combattants, dont un nombre alarmant sont des enfants et des adolescents.
Comment en est-on arrivé là ?
La crise actuelle plonge ses racines dans la fragilité chronique du pays, marquée par des décennies d’instabilité politique, de pauvreté extrême et de catastrophes naturelles à répétition. Mais c’est l’assassinat du dernier président élu, Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, qui a précipité la bascule : vacance du pouvoir, luttes de clans et effondrement progressif des institutions ont ouvert la voie à l’expansion des gangs, d’abord à Port-au-Prince, la capitale, puis dans l’ensemble du pays.
Aujourd’hui, Haïti vit au…
Auteur: onufrance
