Le premier ministre intérimaire Garry Conille, récemment nommé par le conseil présidentiel de transition en Haïti, a affirmé devant le Conseil de sécurité de l’ONU réuni ce jeudi 4 juillet que l’arrivée du premier contingent de la Mission multinationale d’appui à la sécurité marquait « le début d’une nouvelle ère en Haïti ». Le 25 juin, 200 policiers kényans sont arrivés à Port-au-Prince et un second contingent est attendu sur place « très vite », a assuré le chef du gouvernement haïtien, lors d’un entretien avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken à Washington, le 2 juillet.
La représentante du Kenya, leader de cette force multinationale composée de sept pays, dont la Jamaïque, le Tchad et le Bangladesh, a précisé au Conseil de sécurité que les nouveaux arrivants œuvreront de concert avec leurs homologues de la police nationale d’Haïti (PNH). Ils ont d’ailleurs déjà lancé leurs premières opérations conjointes sur place.
80 % de la capitale contrôlée par les gangs
Les forces de l’ordre haïtiennes, en sous-effectif et gangrenées par une corruption chronique, doivent faire face à 200 groupes armés, dont deux principaux, des rivaux désormais alliés : le G9 fondé par l’ancien policier Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », et le G-Pèp. Les gangs contrôlent près de 80 % de Port-au-Prince. Près de 600 000 habitants ont fui leurs domiciles dans la capitale, et 45 % de la population souffre d’insécurité alimentaire, selon les chiffres de l’ONU. Le Kenya avait d’abord annulé son intervention, après la démission de l’ex-premier ministre haïtien Ariel Henry, avant de se raviser.
Selon des experts de l’ONU, les gangs haïtiens ont des moyens militaires plus importants que ceux de la police. L’embargo sur les armes décrété il y a deux ans est contourné allègrement par les trafiquants d’armes opérant depuis les États-Unis. L’administration de…
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Auteur: Léonard De Carlo

