Quoi ? Qu’est-ce qu’on veut nous faire croire ? Notre championne du combat contre les pourris du système serait elle-même un peu véreuse ? Notre pourfendeuse de magouilleurs aurait magouillé, elle aussi ? Et son parti nettoyeur de racailles, lui aussi pratiquerait des techniques crapoteuses ? Ces blanchisseurs seraient eux mêmes tout crottés ? Et tous leurs concurrents du palais bourbeux en profiteraient pour leur barrer le chemin du trône et de sa foire trépidante ?
Non, même s’ils ont reconnu quelques légères entorses à la loi, ces prêcheurs de la tolérance zéro ont bien raison de se plaindre qu’on leur fasse subir la règle dont ils exigent la ferme application… pour les autres. Où ira t’on si les élus de la république se trouvent obligés de respecter les lois qu’ils décrètent ; s’ils ne peuvent plus prendre de libertés avec les contraintes qu’ils imposent à leurs administrés ? Ce serait la fin de la démocratie de droit divin et de sa morale tacite : faites ce que je dis et pas ce que je fais. Ce serait l’anarchie !
Dans notre société affaiblie par le laxisme de ses gérants, il aurait été logique que ces pourfendeurs habituels de la « culture de l’excuse » bénéficient à leur tour d’un regard bienveillant pour leur excuse, au lieu de subir la sévère punition dont ils exigent l’application pour tous les cas où ils ne sont pas impliqués.
On le sait : ça coûte cher tous ces outils pour baratiner le veautant. On a beau être aidés par des milliardaires, il faut savoir user de toutes les ressources, et attraper aussi l’argent là où il est facile à prendre : dans les tirelires de « l’intérêt général ». Se débrouiller de cette manière n’est pas un crime, c’est de la saine politique. Tous les professionnels en « représentation » du peuple, le font. C’est la condition d’une pratique efficace du métier.
On le sait, car on n’arrête pas de nous le dire : S’il y a, dans la société actuelle, des voyous qui…
Auteur: dev

