Le modèle hétérosexuel est un spécimen de normalité, comme aucun autre domaine de nos vies. Personne n’aura pu échapper à ce fil narratif idéalisé qui imprègne toute la société, qu’on inculque dès le berceau aux petites filles roses et aux petits garçons bleus, jouant au papa et à la maman. Chansons, films, romans, jeux ou comptines ne parlent que de ça : une vie bien rangée, un chemin tout tracé avec des étapes bien cadrées, du premier baiser au mariage, et la maternité comme aboutissement ultime.
Si, au fil des générations, de plus en de voix s’élèvent contre ce carcan, depuis la marge, cette normalité peut apparaître comme un doux refuge. Un ticket d’or pour se voir exister au monde, lorsque l’on peine à y trouver sa place.
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Mais il ne suffit pas de le souhaiter, car les personnes handicapées sont exclues de facto de ce socle imaginaire quasi universel. C’est implicite ou explicite : elles sont perçues comme incasables, indésirables. On préfère les penser asexuelles, et souvent même asexuées. De toute façon, on les voit peu dans les lieux de rencontres, qu’ils soient festifs ou professionnels, parce que la société néglige leur accès. Si elles accèdent toutefois à une vie de couple, on empêchera leur parentalité par tous les moyens.
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Ainsi, de nombreuses personnes handis déploieront une énergie considérable pour tenter de se couler dans le moule normatif. On porte un masque, on tente d’enjoliver nos corps tordus avec les atours…
Auteur: Céline Extenso

