Sushina Lagouje (pseudonyme) est professeure de français et autrice d’Une grossesse ordinaire, un récit sur sa maternité en tant que femme atteinte de myopathie. Après la naissance de sa fille, les discriminations qu’elles subissaient déjà de la part des valides se sont répercutées sur son enfant. En ce sens, elle défend son droit à faire famille, toute étrange et biscornue qu’elle soit.
Une grossesse ordinaire / Sushina Lagouje / Double ponctuation / 212 pages.
Je m’appelle Sushina Lagouje, je suis une femme tétraplégique de 39 ans et je me déplace en fauteuil roulant électrique en raison d’une forme de myopathie. Lorsque j’étais petite fille, les médecins spécialistes de ma maladie ont d’emblée décrété que je ne pouvais pas avoir d’enfant. Pendant longtemps, je me suis persuadée que je n’en voulais pas, et puis, autour de la trentaine, ce désir d’enfant s’est imposé à moi de manière brutale.
Désirer un enfant quand on est une femme handicapée, c’est se heurter très souvent à un mur, à l’incompréhension.
C’était comme une vague, impossible à contrôler, et il a bien fallu qu’avec mon compagnon nous réfléchissions à cette possibilité. Tout était extrêmement compliqué : trouver des femmes avec ma pathologie ayant déjà eu un enfant était difficile avant les années 2020. Dans tous les témoignages, cela semblait relever du miracle. Il m’a fallu également revoir mon rapport à mon propre corps : l’interroger, me demander dans quelle mesure cette grossesse serait dangereuse, et si mon corps est capable de l’assumer. Après ce long cheminement personnel, il fallait encore trouver une équipe médicale qui accepte d’accompagner cette grossesse, ce qui n’est pas si évident.
Désirer un…
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