Les récents événements en France qui font état de gestes dolosifs de harcèlement scolaire, potentiellement létaux, soulèvent la question de la lutte contre la violence et justifient un durcissement des sanctions à l’encontre des élèves tels que souhaité par le ministère de l’Éducation nationale.
En entreprise, ce phénomène de harcèlement existe aussi. On se souvient des révélations sur les nombreux cas de suicides chez Renault dans les années 2010, attribués aux conditions de travail et à des burn-out, des dépressions et des hauts niveaux de stress, qui sont autant de symptômes que le harcèlement engendre.
Mais comment définir précisément une situation de harcèlement au travail ? Sur ce point, les approches divergent, à l’image de ce que l’on peut observer en parallèle en matière juridique en France et au Québec, qui disposent pourtant du même Code Napoléon.
Au Québec, un geste suffit
Le Québec définit le harcèlement selon deux angles. Le harcèlement consiste en une série d’actes continus, non désirés, vexatoires, portant atteinte à l’intégrité (psychologique, physique, morale, sociale) de la personne. Cependant, il suffit d’un seul geste grave pour conclure à du harcèlement, de sorte que le sens de « série » est relatif.
Cette règle est relativement statique : on n’y sent pas une intention préméditée menant à une fin potentiellement dramatique, comme le suicide de la personne harcelée. Toujours au Québec, le harcèlement revêt un caractère criminel lorsque la victime a de bonnes raisons de croire que sa santé et sa sécurité sont en danger, suite, par exemple, à des appels téléphoniques menaçants.
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Auteur: Olivier Mesly, Enseignant-chercheur au laboratoire CEREFIGE, université de Lorraine, professeur de marketing, ICN Business School

