Le beurre de karité est devenu un ingrédient très recherché dans l’industrie mondiale des cosmétiques et de l’alimentation. Depuis le début des années 2000, son utilisation comme substitut au beurre de cacao a entraîné une augmentation spectaculaire de la demande internationale. L’industrie du beurre de karité a connu une croissance de plus de 600 % au cours des 20 dernières années.
Le karité pousse à l’état semi-domestiqué dans toute la région de la savane sèche, au sein de ce que l’on appelle une « ceinture du karité ». Celle-ci s’étend d’ouest en est, du Sénégal au Soudan du Sud, et sur environ 500 km du nord au sud. Il n’est pas planté, mais protégé au sein des terres agricoles et se trouve également dans les zones boisées communales.
On estime que 16 millions de femmes récoltent et transforment les fruits du karité dans les zones rurales d’Afrique de l’Ouest. Elles les transforment en amandes sèches destinées à la vente ou en beurre de karité.
Les entreprises mondiales, les agences de développement et les ONG présentent souvent l’industrie du karité comme un moyen d’autonomisation économique des femmes dans la région.
Pour approfondir cette idée, nous avons mené une étude sur la manière dont l’augmentation de la demande en beurre de karité a affecté les femmes cueilleuses au Burkina Faso et au Ghana. Ces deux pays figurent parmi les principaux exportateurs d’amandes de karité séchées.
Cette étude s’inscrit dans le cadre de nos travaux sur les changements agraires, l’écologie politique et les moyens de subsistance. Nous étudions les relations entre les producteurs et les autres acteurs des chaînes de valeur mondiales, ainsi que les impacts des changements induits par des facteurs externes sur les petits exploitants.
Nous avons combiné les données d’une enquête menée auprès de 1 046 collecteurs dans 24 communautés avec les données issues d’entretiens avec 18 collecteurs.
Nos résultats…
Auteur: Francois Questiaux, Researcher, Department of Food and Resource Economics, University of Copenhagen

