Faire le plein relève désormais du casse-tête. En raison du conflit au Moyen-Orient, les prix des carburants ont flambé. Jeudi 2 avril, le prix du gazole s’établissait à 2,24 euros le litre, quand celui du litre de SP95 dépassait la barre symbolique des 2 euros. Mercredi 1ᵉʳ avril, environ 10 % des stations-services étaient en rupture d’au moins un carburant (essence ou gazole), parmi lesquelles 3 % ne vendaient plus ni l’un, ni l’autre.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé le 27 mars un plan de soutien de 70 millions d’euros sur le mois d’avril, ciblé sur les secteurs économiques les plus touchés : transport routier, agriculture et pêche.
Mais, contrairement à 2022 où il avait mis en place une remise sur les carburants de 15 centimes par litre pendant quatre mois, il n’envisage pour l’instant pas de baisse générale des taxes sur les carburants ni d’aide financière directe aux ménages. Seule concession : l’envoi anticipé du chèque énergie à 3,8 millions de foyers modestes en avril et à 700 000 supplémentaires en mai.
Moins nombreux à partir en vacances
En l’absence de soutien de l’État et confrontés à des prix à la pompe devenus démentiels, les automobilistes s’organisent en essayant de limiter leurs déplacements ou en compensant par une réduction de leur consommation. Ainsi, d’après une étude de Particulier à particulier, ils seront moins nombreux à partir pendant les vacances de printemps, ou moins loin et moins longtemps.
Les plateformes de covoiturage tels que Blablacar et Karos enregistrent des hausses spectaculaires d’inscriptions. En Creuse, des groupes de covoiturage se sont créés sur les réseaux sociaux. Enfin, les recherches et les achats de voitures électriques ont bondi ces dernières semaines.
Cette fébrilité trahit la dépendance encore très forte des ménages, notamment ruraux, à la voiture individuelle. C’est ce sujet…
Auteur: Émilie Massemin

