Haut-Karabakh, une honte internationale

Haut-Karabakh, requiem pour un peuple et pour la dignité internationale. Tout accuse de cynisme non seulement le régime dictatorial de Bakou, qui a planifié la dissolution finale de cette petite enclave arménophone, mais aussi les puissances régionales, occidentales et onusienne qui ont laissé faire. Pour s’émouvoir, il n’est nul besoin de discourir sur la légitimité pluriséculaire de centaines de milliers d’arménophones à vivre ensemble sur ce haut plateau d’Asie centrale, que Staline, dans son machiavélique découpage territorial des républiques socialistes soviétiques (RSS), avait choisi d’isoler au sein de l’actuel Azerbaïdjan. Il s’agissait d’entretenir, en arbitre, des poches de tensions intercommunautaires aux marges de l’empire afin d’affaiblir toutes velléités d’indépendance et anti-russes.

Nul besoin non plus de revenir sur la guerre éclair de l’automne 2020 qui a vu l’armée d’Aliev à deux doigts d’atteindre son objectif « de chasser comme des chiens » les habitant·es du Haut-Karabakh (Artsakh en arménien), déjà réduits à 150 000 avant un premier exode qui en a envoyé 30 000 dans l’Arménie voisine. La communauté internationale n’avait alors émis que de formelles protestations, trop heureuse que Poutine, en stratège stalinien, arrête in extremis le bras du dictateur azerbaïdjanais en envoyant 2 000 soldats pour garantir un semblant de statu quo territorial – un Haut-Karabakh réduit des deux tiers et surtout désormais privé de la seule route qui le reliait à la nation mère arménienne.


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Auteur: Patrick Piro

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