Berlin (Allemagne), correspondance
Le bois de Hambach, longtemps zad contre l’industrie du charbon, est sauvé ! La nouvelle du classement à venir en zone naturelle protégée de cette parcelle de bois de tout juste 500 hectares a fait les titres des grandes chaînes de télévision allemandes. Elle est aussi venue fortifier les militants climatiques de tous acabits, alors même que la lutte contre les énergies fossiles et le retour du gaz a repris de plus belle.
« La forêt de Hambach est considérée dans le monde entier comme le symbole d’une résistance sociale couronnée de succès contre la destruction de la nature et en faveur de la protection du climat. Il est désormais temps qu’elle puisse redevenir simplement une forêt », s’est réjoui Dirk Jansen, responsable régional de l’ONG environnementale Bund pour le bassin rhénan, présent le mardi 9 juin dernier, lors de l’annonce de la décision dans les locaux du ministère régional de l’Environnement du Land de Rhénanie du nord – Westphalie (NRW).
Des années d’occupation
Le bois de Hambach est situé en bordure de la plus grande mine de lignite à ciel ouvert d’Europe (46 km2) entre Cologne et Aix-la-Chapelle. Il est l’un des ultimes vestiges d’un massif forestier vieux de 12 000 ans. D’une superficie d’environ 5 000 hectares à la fin des années 1970, le bois ne fait aujourd’hui plus qu’un dixième de sa surface d’origine. Et il a bien failli être entièrement dévoré par les excavatrices de RWE, premier exploitant de centrales à charbon d’Allemagne.
C’est dans les années 2000-2010 que des militants de Greenpeace et du Bund ont commencé à l’occuper, construisant cabanes et tunnels malgré les premières expulsions. D’abord zad locale, le site est devenu un symbole national à partir de 2015 avec la création d’Ende Gelände, qui a intensifié la désobéissance civile et mobilisé jusqu’au-delà des frontières au…
Auteur: Thomas Schnee

