Hautes-Alpes : la peur de familles après des descentes de police dans un hébergement d’urgence

Enveloppé dans sa serviette, Mathieu M. s’apprête à aller à la douche commune du Formule 1, quand il se retrouve encerclé par six policiers, le jeudi 11 septembre, à 6 heures du matin. Quatre des policiers sont en civil avec gilet pare-balles et brassards, deux autres en uniforme. « Vous avez une OQTF (1), on doit l’exécuter. C’est une décision de la préfecture. »

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Obligation de quitter le territoire français.

Face à la police dans le couloir, Mathieu M. garde son sang-froid. « Nous avons formé un recours contre l’OQTF, vous ne pouvez pas nous expulser. » Après leur rejet de demande d’asile, le couple ivoirien et les deux enfants ont obtenu, grâce à la mobilisation d’associations, cet hébergement d’urgence, en pleine zone industrielle de Gap (Hautes-Alpes).

Je voyais ça à la télévision mais je savais pas que ça allait nous arriver.

Laetitia M.

Deux jours auparavant, à la préfecture où la famille devait signer chaque semaine, le chef du bureau de la citoyenneté leur aurait assuré qu’ils n’avaient pas le droit à cet hébergement et qu’ils devaient quitter la France « maintenant ou demain. Le recours ne va rien changer. Si la police débarque, ça ne sera pas bon pour vous ». Saisi de stress, le couple avait appelé leur avocate qui les avait rassurés : le recours étant suspensif, ils étaient protégés de l’éloignement.


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Mais le 11 septembre, « les policiers ne voulaient rien entendre », raconte Mathieu M. « Ils ne m’ont pas montré de papiers. Ils m’ont dit : ‘On va vous ramener en Italie’. Je leur ai…

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Auteur: Pauline Migevant

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