L’Inde et la Chine ont une histoire croisée depuis des millénaires. Elle remonte à leurs civilisations respectives et communes, à l’Antiquité, aux routes de la soie, à la diffusion de l’Islam et bien sûr à travers le bouddhisme, qui n’est pas une religion mais une philosophie de la vie. Cela tient évidemment à leur proximité géographique, et sans aucun doute parce que ces deux pays ont été avec d’autres nations d’Asie, les victimes de longues périodes de colonisation, de guerres, de pillages, de souffrances partagées. Mais par-dessus tout parce qu’à travers de véritables épopées, Gandhi et Nehru, Mao Zedong et Zhou Enlai, ces hommes hors du commun, furent les infatigables initiateurs d’un mouvement de libération nationale, pour la défense de l’indépendance, de la souveraineté, de leurs valeurs, de leurs cultures de chacun de leur pays respectif. Ensemble, ils ont inspiré les mouvements de décolonisation de l’après-guerre, en Asie, en Afrique, en Amérique latine.
Ainsi, ce n’est pas sans raison que les cinq principes de la coexistence pacifique qui sont l’armature du système international adoptés par les Nations Unies sont nés en Asie à l’initiative de l’Inde et de la Chine et également du Myanmar : la paix entre les nations, l’harmonie sans l’uniformité, la non-agression sont toujours des sources d’inspiration, tout comme les moyens permettant de trouver des réponses aux problèmes, sans ingérence étrangère, et particulièrement celle des Etats-Unis et de leurs alliés. On se réfèrera aux deux interventions remarquables du Président Xi Jinping au 60e et 70e anniversaire des cinq principes de la coexistence pacifique et à leur élaboration conçue principalement et ensemble par la Chine et l’Inde mais également le Myanmar.
André Malraux quand il parlait de la Chine avait l’habitude dire : “La Chine est la Chine, et le reste du monde est le reste du monde”. Cela pourrait…
Auteur: Jean-Pierre PAGE

