La Révolution Prolétarienne (1925-2025)
« La revue qui n’a pas observé le Mouvement ouvrier, mais qui l’a vécu »
Notre camarade Alexandre Hébert citait souvent cette formule : Le refus de parvenir. Elle reprenait le titre d’un roman-témoignage d’Albert-Vincent Jacquet, (« instituteur ; d’abord patriote, puis syndicaliste non conformiste », selon le Maitron) et préfacé par Marc Bloch, pas moins (publié après sa mort en 1956). « Ce dernier était très fier d’être sorti de la classe ouvrière, c’est-à-dire d’en provenir et non de l’avoir quitté. C’est lui qui a le premier parlé du refus de parvenir, c’est-à-dire de passer dans le camp ennemi. » Nous dédions cela à tous les nombreux renégats à travers les âges qui ont été, sont et seront aux antipodes de cette exigence morale.
Refus de renier leurs engagements : si les animateurs de la « RP » doivent arrêter de la publier dans les années noires de Vichy et de l’Occupation, elle reparait dès la Libération et indique : « Après 91 mois de silence ! Le 1er septembre 1939, La Révolution prolétarienne qui existait depuis le 1er janvier 1925 suspendait sa parution. Il était impossible au « Noyau » qui en supportait la charge de se soumettre à la censure. Au reste, ce sabordage prévenait l’interdiction gouvernementale. La révolution prolétarienne, même sous la forme d’un mince souvenir, est demeurée l’ennemie du pouvoir établi, sous le Daladier de la guerre, sous Reynaud, sous Vichy, sous Hitler. La découverte de quelques numéros de notre revue hérétique, au cours d’une perquisition – qu’elle soit menée par la Gestapo ou la police de l’État français – permettait de grossir lourdement le dossier du suspect. Et, après la Libération, la qualité d’ancien rédacteur de La Révolution prolétarienne a orienté certaines proscriptions ou expliqué certaines évictions.
Cependant, La Révolution prolétarienne…
Auteur: Christian EYSCHEN

