Puissance subversive du gamin farceur renvoyant à leur néant les vedettes médiatiques, irrésistible enthousiasme pour la vie et ses débordements, érudition cinéphilique impressionnante et savoir encyclopédique sur la subversion (son Anthologie de la subversion carabinée est une merveille), inventivité du langage, adorable ami… Noël Godin « est parti en douceur sur la pointe des pieds dimanche 23 août 2026 », selon sa compagne, que nous embrassons de tout notre cœur.
Jambon à cornes ! comme il dirait, sa capacité à se jeter sur les puissants médiatiques du jour en criant Gloup ! Gloup ! nous manque aujourd’hui particulièrement, quand on voit les paltoquets degoche et autres crapules réacs se bousculer sans vergogne sur la ligne de départ de la présidentielle, tant de philosophes Céniouze et autres pompeux cornichons mariannesques, tant d’experts en expertise encombrer l’espace public. L’homme qui avait réussi à interdire la Belgique à BHL (six entartages, quand même !), qui avait à son tableau de chasse Bill Gates et Sarkozy, nous aura beaucoup inspiré en démontrant que la subversion n’est pas une question de testostérone, et pas forcément une question de prise d’arme, mais de courage, d’inventivité et de persévérance.
Comme nous l’avons écrit par ailleurs : « L’entartage est bel et bien devenu une pratique diffuse qui ne se limite pas aux jouissifs coups de main de l’ami Noël Godin. Les attentats pâtissiers répondent à la nécessité de ridiculiser toutes les formes de pouvoir (politique, médiatique, économique, culturel) tout en échappant à l’enfermement dans la case ’terrorisme’ qui fait le jeu de ces mêmes pouvoirs. Cette pratique intervient donc au contact de deux dominations pour les subvertir : la domination médiatique et la domination politique.
Quand l’entarté est un personnage comme BHL, dont l’existence repose uniquement sur sa maîtrise des…
Auteur: dev
