Bonjour,
Merci à la Fédération de l’Aude de la Libre Pensée et à sa présidente, Brigitte Pastor, d’avoir invité la Fédération Nationale à ce rassemblement.
Je voudrais introduire mon propos par une interrogation.
Quelle est la force symbolique du martyre subi par le Chevalier de La Barre, il y a maintenant deux siècles et demi, pour nous autres libres penseurs et républicains ?
Est-ce l’indignation que soulèvent et sa condamnation, et la torture, et l’exécution pour un délit qui n’en est pas un ? Est-ce « l’atrocité de cette aventure [qui nous] saisit d’horreur et de colère », pour reprendre les mots de Voltaire ?
Certainement, mais pas seulement, étant entendu que cette révolte relève d’une émotion bien légitime.
Mais la force symbolique, qui demeure à travers les siècles, réside dans le caractère insupportable du droit de vie et de mort détenu par quelques-uns sur tous les sujets, taillables et corvéables à merci, dans le scandale de la soumission des pouvoirs à une Eglise qui fait de la justice son bras séculier au nom de l’ordre moral, et qui fait de la délation un système. C’est un système théocratique et policier.
Tel est le système de la monarchie absolue, dont la devise est « l’Etat, c’est moi ! » et dont les armoiries sont le Sabre et le Goupillon. Telle est l’essence de tout régime autoritaire, comme celui de Macron et de son gouvernement qui imposent contre vents et marées leur programme de destruction de lois fondamentales qui sont autant de jalons posés par les républicains comme Jean Jaurès, Ferdinand Buisson et Edgar Quinet pour encourager la marche vers la République sociale.
En 1789, l’Abbé Sieyès, avant les États Généraux, édite son fameux opuscule qui débute par ces mots :
– Qu’est-ce que le Tiers État ?
– Tout.
– Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ?
– Rien.
– Que demande-t-il ?
– À être quelque…
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Auteur: Pierre GUEGUEN ("Libre Pensée") Le grand soir

