Homonuclearus, le média qui décortique le nucléaire français

Paris, reportage

Paris, 3ᵉ arrondissement. Dans cette galerie d’art vide en plein Marais, deux fauteuils en cuir noir se font face ; braquées sur l’un d’eux, trois caméras et deux projecteurs. À l’extérieur, de l’autre côté des vitres de l’ancienne boutique prêtée pour l’occasion, l’équipe d’Homonuclearus a une heure d’avance et prend l’air en attendant l’ancienne ministre de l’Écologie Barbara Pompili. David Lurinas, l’intervieweur, ainsi que Mickaël, Hugo et Alain, les trois chefs opérateurs, avalent leurs expressos.

—  « C’est un projet collectif ! » lance David Lurinas.

— « Mais tu le portes », rétorque Mickaël Royer.

— « Oui je le porte, mais c’est collectif, car le projet vit avec les interviews filmées que l’on a déjà réalisées, et pour ça on est plusieurs ! » insiste le Parisien au crâne rasé. 

—  « Oui, au sens aussi où ça [le nucléaire] nous concerne tous », ajoute Mickaël.

De la Télé libre à Fukushima

Les garçons se connaissent depuis une quinzaine d’années. Ils se sont rencontrés à la Télé libre, pureplayer « citoyen, indépendant et participatif » qui proposait alors de former les jeunes aux médias par la pratique. L’idée d’alimenter collectivement un site internet avec des articles de fond, des interviews et des films sur les enjeux de l’atome est née là-bas en 2018. « On se dit : “Tiens, Fukushima, c’en est où, on n’en parle plus ? Et en France, on est comment ?” », se rappelle David Lurinas. Collectivement, le projet a avorté pour plusieurs raisons, mais lui a poursuivi ses recherches : « En six mois d’enquête, je me suis dit : “Je continue quoiqu’il arrive puisque ce qui se passe, c’est énorme !”  »

Comprendre un peu plus, comment au sein des plus hautes instances de l’État, on décide de lancer un programme de construction de six nouveaux EPR alors que le premier n’est toujours pas en marche ? Qui mieux qu’une ancienne ministre de la Transition écologique pour répondre sur la marge de manœuvre qui lui reste une fois nommée au sein d’un État entièrement dévoué à l’atome ? Après Bernard Laponche, ancien ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique devenu antinucléaire, ou le dessinateur Étienne Davodeau, auteur de la BD Le Droit du sol, Barbara Pompili se prête ce jour-là avec attention à l’exercice de l’entretien.

« La vraie question, c’est jusqu’où je vais pouvoir aller ? »

Ponctuelle, accompagnée de son attachée de presse,…

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Auteur: Sarah Lefèvre Reporterre

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