C’étaient des guets-apens et des descentes de police terrifiantes. Des coups, des insultes, des corps jetés dans les paniers à salade. C’étaient des enquêtes nourrissant les « fichiers des pédérastes », ou d’humiliants interrogatoires. Pour des dizaines de milliers de personnes, une condamnation, souvent de la prison. Et leur nom étalé dans les pages de la presse locale. Plus de quarante ans après la dépénalisation de l’homosexualité, en 1982, la responsabilité de l’État dans une partie de cette persécution brutale pourrait être reconnue, grâce à un texte discuté à partir du mercredi 6 mars à l’Assemblée nationale.
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D’initiative sénatoriale, la proposition de loi « portant réparation des préjudices subis par les personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982 » vise deux dispositions discriminatoires du Code pénal. L’une, actée en 1942 par le régime de Vichy, conservée en 1945 et supprimée en 1982, fixait la majorité sexuelle à 21 ans (18 ans en 1974) pour les relations homosexuelles, contre 15 ans pour leur pendant hétérosexuel. Une inégalité ayant mené à près de 10 000 condamnations. L’autre, adoptée en 1960, visait à « lutter » contre le « fléau social » de l’homosexualité, en aggravant la peine encourue « lorsqu'[un] outrage public à la pudeur consiste en un acte contre nature avec un individu du même sexe ».
50 000 personnes condamnées
Par la traque des bars et dancings ou des lieux de rencontres masculines, tels les parcs et vespasiennes, ou par le recueil des dénonciations, au moins 50 000 personnes ont été condamnées à de lourdes amendes et, jusqu’en 1978, neuf sur dix à de la prison, souligne Régis…
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Auteur: Léna Coulon

