Sur leurs tenues rayées, un triangle rose finissait d’isoler ces détenus, déportés pour leur homosexualité et cibles faciles des brimades et coups des SS, et des expérimentations menées dans les camps de concentration. Quelques décennies plus tard, le triangle rose est repris dans les campagnes et les logos de plusieurs associations, et devient progressivement un symbole des droits LGBT.
Reconnues en France comme un groupe victime du régime nazi il y a une trentaine d’années, les personnes LGBT voient, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, l’inauguration d’un mémorial samedi 17 mai au matin, sur le quai de l’Arsenal à Bastille.
Conçu par l’artiste Jean-Luc Verna, le monument est une initiative de l’association Les « oublié-e-s » de la Mémoire. « L’idée c’est de penser aux victimes oublié.e.s de la déportation mais également aux victimes LGBT+ d’aujourd’hui pour qui le combat est loin d’être terminé », souligne le président de l’association, à l’AFP. À Strasbourg, deux « Stolpersteine », des pavés consacré à la mémoire, ont également été dévoilés vendredi en mémoire d’un couple homosexuel arrêté en mars 1942.
Si les historiens décomptent entre 5 000 et 15 000 personnes déportées par le régime nazi au motif de leur sexualité en Europe, en France, les chiffres des associations et des historiens varient d’une soixantaine à 200 personnes. Un décompte compliqué, révélateur d’une reconnaissance et de travaux historiques tardifs.
Une reconnaissance au début des années 2000
Au sortir de la Seconde guerre mondiale, le silence s’impose chez les rescapés des camps de concentration, confrontés à une mémoire de la résistance, alors privilégiée. Quand la parole se libère dans les années 1980 chez les déportés, les militants pour les droits des homosexuels accusent le refus des fédérations d’anciens…
Auteur: Alix Champlon

