Les parlementaires hongrois ont voté lundi 15 juin à une écrasante majorité l’inscription dans la Constitution d’une limite de huit ans pour l’exercice de la fonction de premier ministre, empêchant le retour du nationaliste Viktor Orbán.
Le texte, qui était l’une des promesses de la campagne du conservateur pro-UE Péter Magyar, pour rompre avec 16 années de pouvoir de Viktor Orbán, a été adopté par le Parlement grâce à la majorité constitutionnelle dont dispose le parti Tisza au Parlement. Cet amendement qui prévoit de plafonner à huit ans, consécutifs ou non, l’exercice de la fonction a été voté par 135 voix pour, 50 contre et six abstentions.
« Un pouvoir illimité finit toujours, dans n’importe quel système démocratique, par perdre tout sens de la retenue », avait justifié le conservateur Magyar en évoquant son prédécesseur nationaliste le 26 mai en présentant la loi. « À partir d’un certain moment, il n’existe plus aucune distinction entre les intérêts de l’État, ceux du parti et ceux du dirigeant et il est nécessaire de contraindre tout élu à penser à sa succession », avait-il ajouté.
Pour l’homme arrivé au pouvoir en mai après une large victoire, cette réforme constitue l’un des éléments centraux de son programme visant à « rétablir l’État de droit » en rééquilibrant les institutions. Dans ce contexte, la limitation des mandats est présentée par son gouvernement comme un moyen d’empêcher toute reproduction d’un pouvoir durable et centralisé.
Le parti Fidesz de Viktor Orbán, qui siège désormais dans l’opposition, s’est opposé à toute limitation, arguant qu’elle pourrait restreindre la volonté populaire. « La loi Orban a été adoptée. C’était la question la plus urgente… », a ironisé Viktor Orbán sur Facebook. « Si l’on a besoin de moi, je serai là », a ajouté celui qui a été réélu ce week-end à…
Auteur: La Croix (avec AFP)

