Hongrie : l'extrême droite couvre le pays de giga-usines de batteries

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Budapest (Hongrie), correspondance

Viktor Orbán déroule le tapis rouge aux entreprises asiatiques de production de batteries pour véhicules électriques. Au cours des cinq dernières années, les usines ont poussé par dizaines aux quatre coins du pays, pour la plupart sud-coréennes et chinoises. Cette industrialisation à marche forcée rencontre de fortes résistances locales. Les riverains redoutent les nuisances, les rejets de produits toxiques dans le sol et les nappes phréatiques, ainsi que l’accaparement des ressources en eau. Le problème environnemental se double d’un problème social, avec l’embauche de travailleurs étrangers exploités.

Cette nouvelle industrialisation est la concrétisation de l’« ouverture vers l’Est » mise en place par le gouvernement national-conservateur d’Orbán au début des années 2010. Cette doctrine vise à réduire la dépendance économique et politique de la Hongrie vis-à vis d’un Ouest déclinant, à faire de la Hongrie un trait d’union entre l’Est et l’Ouest et une tête de pont européenne pour les puissances asiatiques.

Le sud-coréen Samsung a été précurseur en s’implantant à Göd, au nord de Budapest, en 2018. L’arrivée de sa « giga-usine », la seconde en taille après celle de Tesla à Berlin, a provoqué une levée de boucliers et favorisé l’élection d’un maire issu de l’opposition au Fidesz, le parti politique d’extrême droite d’Orbán, l’année suivante. Par mesure de rétorsion, le gouvernement a profité d’un régime spécial lié à l’épidémie de Covid-19 pour soustraire sa zone industrielle à la commune, la privant des retombées fiscales de l’usine Samsung et de tout droit de regard sur ses activités. Samsung a pu fonctionner et s’agrandir sans cesse sans permis…

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Auteur: Corentin Léotard

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