La crise couve depuis des mois. Elle éclate désormais au grand jour. À Lyon, les deux plus importants services d’urgences de la ville, ceux des hôpitaux Édouard Herriot et Lyon Sud, sont engagés dans une grève reconductible depuis le 5 février, pour le premier, et depuis le 11 février, pour le second. En amont de leur mobilisation, deux alertes pour danger grave et imminent avaient été déposées par les syndicats CGT et FO au mois de janvier, sans que la direction de l’hôpital n’apporte de réponse qui les satisfasse.
Au cœur de leurs revendications : des effectifs supplémentaires pour « garantir des soins dignes et de qualité ainsi que des conditions de travail humaines », rapportent les syndicats. Ce jeudi 19 février, à 8 heures, des soignantes et soignants des deux services d’urgences se sont rassemblés devant la direction des Hospices civils de Lyon pour exiger qu’elle réponde à leurs demandes.
Une équipe au bord du burn-out
Fin janvier, les agents paramédicaux des urgences d’Édouard Herriot – le plus important service d’urgences de la ville – votaient en assemblée générale le dépôt d’un préavis de grève illimitée à compter du 5 février. Depuis, le mouvement est suivi par 90 % des titulaires, hors médecins, d’après l’intersyndicale.
« On voit une équipe au bord du craquage. Cela fait des mois que ça ne va pas. On a des gens qui arrivent ou partent en pleurant, des arrêts pour burn-out. Ils travaillent en sous-effectif chaque jour », témoigne Nathalie Sabot, une infirmière syndiquée à la CGT de l’hôpital Édouard Herriot. Selon la syndicaliste, l’activité aux urgences a progressé de 5 à 6 % en un an. Une hausse qui se traduit par des temps d’attente plus longs pour les patients, mais aussi par une pression accrue sur les personnels.
Auteur: Stéphane Ortega

