Lyon (Rhône), reportage
Président à la cour d’appel de Lyon, Jean-Hugues Gay cache ses questions affutées sous une humeur espiègle. « Comment on fait un œuf au plat sans poêle au téflon ? » « Les normes, c’est bien ou pas bien ? » « C’est rigolo de grimper sur un bâtiment ? » Derrière ces interrogations faussement taquines se joue la liberté de huit activistes écologistes. Convoqués au palais de justice le 11 février, ils et elles risquent de 4 à 6 mois de prison avec sursis et 53 650 euros de dommages et intérêts. Le délibéré sera rendu le 15 mai.
Rembobinons. Le 2 mars dernier, quelque 300 activistes vêtus d’une blouse blanche se sont introduits sur le site d’Arkema à Pierre-Bénite, au sud de Lyon. Cette action visait à dénoncer les rejets massifs de PFAS dans le Rhône et l’air de la commune. Ces mêmes polluants éternels qui peuvent provoquer des cancers et des perturbations du système immunitaire. Plus de 220 000 personnes pourraient être touchées dans la région.
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Au cours de l’action, des grillages ont été fendus au coupe-boulon, des portes forcées au pied de biche, des fenêtres cassées au marteau. Des murs ont été tagués « Arkema Assassin » et une banderole « POISON » surmontée d’une tête de mort a été déployée du toit d’un bâtiment. Huit membres d’Extinction Rebellion ont été arrêtés sur les lieux.
Le tribunal correctionnel de Lyon les a relaxés en première instance, estimant que les poursuites représentaient « une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression ». Seul un activiste a été condamné à une amende de 500 euros pour « violence sans ITT » (incapacité temporaire de travail). Mais le ministère public a fait appel de ce jugement,…
Auteur: Moran Kerinec

