Hyperpolitique : les algorithmes contre nos révoltes

« Antipolitique et hyperpolitique se développent à leur tour à partir d’une conjoncture de repolitisation qui reste toutefois marquée par l’érosion du lien social – voire l’accélération de sa désintégration. La phase antipolitique débute au lendemain de la grande crise financière, au moment où cette repolitisation com- mence à s’imposer dans les rangs de certains secteurs de la classe moyenne. Les années 2010 sont le locus classicus de cette forme. Quant à l’hyperpolitique, qui constitue à la fois une intensification de cette tendance et une réaction à sa montée, son avène- ment peut être daté des dernières années de la même décennie. » écrit l’historien franco-belge Anton Jäger dont l’ouvrage Hyperpolitique, déjà publié en Angleterre et aux USA, sort cette semaine en France. La crise lycéenne en France et les soulèvements qui secouent la planète depuis quinze ans donnent à l’ouvrage dont il est question ici dans ce Zoom Arrière une saveur toute particulière. Comme une tentative de fixation et d’explication des énergies qui secouent la planète, une manière de repenser la vie politique. De révoltes en insurrections, d’abstentions en abstentions, d’échecs démocratiques en montées unilatérales des extrêmes droites, le camp progressiste (selon Jager il va des anticapitalistes viscéraux aux socio-démocrates qui refusent de pactiser avec Macron et les faux centristes) semble incapable de produire des effets politiques concrets, tandis que fascisme et forces réactionnaires progressent partout. Jamais nous n’avons été autant connectés et informés et pourtant jamais nous n’avons été autant manipulés par les algorithmes et les médias des oligarques. C’est le paradoxe de ce que Jager nomme « l’hyperpolitique » : « une politisation généralisée des individus incapables de convertir cette intensité en changements durables. » En…

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Auteur: Blast