Former les élèves aux usages de l’IA est présenté comme une priorité politique pour les années à venir. Mais comment intégrer les préparations nécessaires aux cursus scolaires sans alourdir les coûts écologiques ? Il faut aussi compter avec un certain nombre d’enjeux éthiques.
L’année scolaire 2025-2026 s’ouvre dans un contexte de démocratisation massive de l’intelligence artificielle (IA) générative. Dans son dossier de rentrée, le ministère de l’éducation précise d’ailleurs que les élèves du second degré bénéficieront désormais d’un parcours de formation spécifique, sur la plateforme PIX. Faut-il voir dans ces nouveaux outils une menace à l’apprentissage et la maîtrise des langues, le français et celles dites étrangères ?
À l’heure où l’IA-anxiété devient un phénomène social, voici quelques éléments de réflexion pour les plus inquiets mais aussi les plus convaincus.
Converser avec l’IA : coût écologique et éthique
Si l’IA générative séduit par sa capacité à produire du texte ou à traduire instantanément, elle comporte des coûts cachés. S’entraîner à formuler des requêtes (prompt en anglais) amène à une interaction langagière qui mobilise d’immenses ressources humaines, matérielles et énergétiques, souvent invisibles à l’utilisateur. La Direction de région académique du numérique pour l’éducation de l’académie de Versailles rappelle aux enseignants que :
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une requête d’environ 400 tokens sur ChatGPT/GPT-4o mini consomme environ 2 Wh d’électricité (ou 2 g de CO2 rejeté), soit plus de 6 fois la consommation d’une recherche Google classique estimée à 0,3 Wh ;
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la création d’une image en haute définition par une IA consomme autant d’énergie que la recharge complète d’un téléphone portable ;
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les centres de données (data centers) liés à l’IA et aux cryptomonnaies ont consommé près de 460 TWh d’électricité en…
Auteur: Grégory Miras, Professeur des Universités en didactique des langues, Université de Lorraine
