« C’est le mot clé : le temps », a lancé mardi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors de la première réunion du nouveau groupe scientifique international indépendant sur l’IA, récemment créé par l’Assemblée générale.
L’alerte n’est pas nouvelle. Dès 2017, a-t-il rappelé, lorsqu’il avait évoqué l’intelligence artificielle devant les chefs d’État réunis à l’ONU, « seuls deux autres dirigeants mondiaux avaient même prononcé le terme ». Huit ans plus tard, le paysage a radicalement changé. « Aujourd’hui, l’IA progresse à une vitesse fulgurante, remodelant les économies et les sociétés ».
La formule la plus frappante de son intervention résume ce basculement. « Pour ceux qui pensent que nous avançons trop vite, je dirais seulement que jamais dans l’avenir nous n’irons aussi lentement qu’aujourd’hui. Nous sommes en effet dans une phase d’accélération de haut niveau ».
Une gouvernance à la traîne
Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir si l’IA transformera le monde, mais selon quelles règles – et au bénéfice de qui. « Aucun pays, aucune entreprise et aucun domaine de recherche ne peut voir seul l’ensemble du tableau », a souligné M. Guterres. L’innovation est transnationale et ses impacts globaux.
Or le débat international se déroule dans un climat saturé de rivalités stratégiques et de méfiance. « Dans ce contexte fracturé, une compréhension impartiale et digne de confiance de l’IA est essentielle », a-t-il averti. Les tensions géopolitiques, les conflits en cours et la compétition technologique exacerbent les risques d’une course sans garde-fous.
Le Secrétaire général plaide donc pour un socle commun de connaissances. « Le monde a urgemment besoin d’une compréhension mondiale partagée de l’intelligence artificielle ; fondée non sur l’idéologie, mais sur la science ; non sur les fausses informations, mais sur la…
Auteur: Nations Unies FR

