IA : l'une des plus grandes mines de charbon au monde va alimenter d'immenses data centers

À Ekibastouz, bassin minier au nord du Kazakhstan, les cheminées crachent des nuages noirs en hiver, et la neige est recouverte de suie. D’ici quelques années, le ciel de cette ville de 100 000 habitants, dans la région de Pavlodar, va encore s’assombrir.

Car c’est ici que sera implanté le plus grand data center d’Asie centrale. Ou plutôt un gigantesque parc de centres, baptisé « Data center Valley ». À l’intérieur, des milliers de serveurs entraîneront des modèles d’intelligence artificielle (IA), stockeront des données ou fourniront à distance de la puissance informatique à des entreprises étrangères.

À pleine capacité, le campus consommerait 9 térawattheures d’électricité par an, a calculé un média local. Un premier centre, d’une puissance de 50 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation de la ville d’Ekibastouz, doit entrer en service dès 2027. Sauf que cette électricité, le Kazakhstan ne l’a pas. « La croissance économique et industrielle du Kazakhstan dépasse le rythme de mise en service et de modernisation des capacités de production électrique », admet le ministère de l’Énergie auprès de Reporterre.

Le choix d’Ekibastouz n’est donc pas un hasard. C’est ici que se trouve l’une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert du monde : la mine de Bogatyr, dont la superficie frôle celle de la ville de Lyon. Dans ce cratère, des gradins de roche et de charbon descendent par paliers à une profondeur de 300 mètres. Vu d’en haut, les camions excavateurs, qui paraissent minuscules, sont lancés à pleine vitesse dans une course contre la montre. D’ici à 2032, la production de Bogatyr Komir, l’entreprise qui exploite la mine, passera de 42 millions de tonnes annuelles à plus de 56 millions.

Quid du zéro émission nette promis d’ici 2060 ?

« Le Kazakhstan transforme le charbon d’Ekibastouz en recettes d’exportation numériques », résume…

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Auteur: Manon Madec