L’Intelligence Artificielle (IA) est un véritable gouffre écologique : intensification de l’extractivisme minier, consommation énergétique exponentielle, accaparement de l’eau… Une menace écologique majeure que l’industrie du numérique peine désormais à dissimuler derrière son opacité et le mythe de l’immatérialité qu’elle entretient.
Avec son empreinte hydrique, le développement de l’IA génère des conflits d’usage, en concurrence directe avec les capacités des populations à assurer leur subsistance. Les data centers sont voraces en eau et participent activement à la désertification des territoires. Or, à l’échelle mondiale, 43 % de ces infrastructures sont implantés dans des territoires déjà soumis à un fort stress hydrique.
La soif insatiable de l’IA
En 2025, L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) estimait la consommation d’eau des data centers à 560 milliards de litres d’eau en 2023, et alertait sur le fait qu’elle pourrait atteindre 1 200 milliards de litres en 2030.
Malgré des volumes déjà considérables, ces estimations restent sous-évaluées : elles ne prennent en compte que le refroidissement et la production d’énergie qui alimente les data centers, laissant de côté l’ensemble de la chaîne de production des technologies qui les composent.
Une étude publiée en octobre 2025 dans le Journal of Cleaner Production s’approche d’une Analyse du Cycle de Vie (ACV) complète en incluant l’eau utilisée dans la fabrication des composants électroniques des data centers.
Elle estime que, sans changement par rapport à la trajectoire actuelle, la consommation d’eau de ces infrastructures atteindrait en moyenne 4,2 milliards de litres par jour en 2030. Cette consommation grimperait à 28,11 milliards de litres par jour en 2050 – soit une multiplication par sept en seulement 20 ans.
Source : Data Bloomberg
Un paradigme sécuritaire
Si, pour des raisons écologiques, il est…
Auteur: Louis Laratte

