Petit-Landau (Haut-Rhin), reportage
« À la place de ce champ de maïs, il y aura un site d’environ 1 km de long, 150 à 200 mètres de large et une trentaine de mètres de hauteur. Voilà un peu l’envergure du décor qu’on veut nous planter », détaille avec amertume Christian Uhrweiller, vice-président de l’association Alsace Nature en charge de la coordination du Haut-Rhin. Ce matin de juillet, ils et elles sont cinq membres du collectif IA pas moyen à avoir fait le déplacement au sein de la zone d’activité de Petit-Landau. C’est ici, à quelques encablures du Rhin canalisé, que Microsoft prévoit d’installer l’un de ses plus grands data centers européens.
Ce mastodonte devrait consommer plus de 1 500 gigawattheures (GWh) par an, soit l’équivalent de 80 % de la consommation électrique des habitants du Haut-Rhin ou de 100 % de la production solaire du Grand Est. Il pourrait absorber toute la production de la station hydroélectrique voisine d’Ottmarsheim.
Pour fonctionner en continu, il sera également équipé de 111 générateurs de secours au fioul, qui lui permettront notamment de se déconnecter du réseau EDF en cas de trop forte demande. Le data center s’étendra sur environ 36 hectares, auxquels il faut ajouter 10 hectares d’installations électriques.
Comment un tel projet a-t-il pu voir le jour ? Selon la note de présentation du projet rédigée par l’Agence départementale d’aménagement et d’urbanisme du Haut-Rhin, tout commence en 2024, lorsque Microsoft profite du sommet « Choose France » pour annoncer vouloir investir 4 milliards d’euros dans la formation, l’accélération des start-up françaises et « le développement d’une infrastructure cloud et IA ». La moitié de cette somme est consacrée à l’installation d’un data center dans le sud de l’Alsace, au sein de la communauté d’agglomération de Mulhouse.
Contacté, Microsoft n’a, à ce jour, pas…
Auteur: Anne Mellier

