Ils soutenaient la ligne dure. Ils parlaient de fermeté, de frontières, de « criminels ». Puis l’ICE a frappé chez eux. Et soudain, ce qui était « nécessaire » est devenu « inhumain ».
Il y a des réveils qui font mal.
Angela Vergara, députée conservatrice colombienne, soutenait la ligne dure de Donald Trump sur l’immigration. Puis son fils de 22 ans, Rafael, a été arrêté par l’ICE. Depuis 18 jours, dit-elle, il est détenu « enchaîné » dans des « conditions inhumaines », alors qu’il était entré légalement. Elle parle de « peur, d’incertitude et d’un profond épuisement émotionnel ». Sur les réseaux, les moqueries pleuvent parce qu’elle avait défendu les expulsions massives. Pas drôle.
Même malaise chez les Olivera. En juillet 2025, Cynthia, installée aux États-Unis depuis 25 ans, mère de trois enfants états-uniens, est arrêtée par l’ICE lors d’un rendez-vous pour sa carte verte. Son mari, électeur de Trump, pensait que la fermeté viserait « les criminels violents ». Aujourd’hui, il lâche, sonné, qu’il voudrait « récupérer son vote ». Trop tard, Cynthia a été expulsée au Canada. La machine ne permet pas le Ctrl+Z.
Et puis il y a Júnior Pena, influenceur brésilien. Sur TikTok, il jurait que la répression ne concernait que « les malfrats ». « Je soutiens Donald Trump – j’aime bien ce type », fanfaronnait-il, avant d’être lui aussi arrêté par l’ICE. Maldonne.
Comment peut‑on applaudir quand cela broie les autres, et crier à l’injustice dès que cela nous atteint, nous ?
On peut débattre des lois. On peut discuter frontières, souveraineté, police, économie. Mais on ne peut pas découvrir et réclamer l’humanité juste au moment où l’on devient la cible. Ce qui est « inhumain » pour mon fils l’était déjà pour le voisin. Ce qui est « arbitraire » pour ma femme l’était…
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