Moussac (Vienne), reportage
La télévision allumée sur France Info, un sapin de Noël orné de boules et de guirlandes lumineuses trône au milieu du salon, en cette journée de fin janvier. « On n’a pas eu le temps de s’en occuper, c’est pas vraiment la priorité », s’excuse presque Caroline, avant de poser du café sur la table au milieu des boîtes de médicaments et des ordonnances.
À 43 ans, la mère d’une petite fille de 10 ans a d’autres urgences : elle se bat contre un cancer du pancréas. Le genre de cancer qui, à chaque fois qu’elle l’évoque, « fait frémir le regard des gens », précise Caroline.
À Moussac, village de 400 habitants dans la Vienne bordé de champs et de prairies, désormais presque tout le monde est au courant. La veille de notre rencontre, Caroline a envoyé sa newsletter à 700 de ses connaissances. Patronne du bar En plein Virage — qui fait aussi épicerie bio, salle de concert, d’exposition et accueil d’évènements militants — elle avait annoncé six mois plus tôt la fermeture pour des raisons de santé. « Cette fois, j’ai parlé de mon cancer et de Cancer Colère. »
Créé par Fleur Breteau il y a un an, ce collectif milite pour politiser la maladie en la liant directement aux politiques agricoles et à l’usage des pesticides. Caroline l’a rejoint l’été dernier. « C’est grâce à eux que j’ai réussi à parler de mon cancer », dit-elle en s’asseyant, momentanément, dans un fauteuil. À cause de ses douleurs au ventre, elle ne peut pas rester assise trop longtemps.
« Ici, c’est un trou à cancers »
Aussi membre du bureau national du collectif, la militante a sauté le pas juste après l’intervention de Fleur Breteau à l’Assemblée nationale contre la loi Duplomb, à l’été 2025. « Ça a confirmé ce que je pensais depuis longtemps. Ici, c’est un trou à cancers : dans mon hameau, il y a déjà trois cancers du pancréas, les…
Auteur: Jeanne Cassard

