« Ici, je me sens mieux qu'aux Restos du coeur » : cette épicerie mobile lutte contre la malbouffe et l'isolement

Bélarga (Hérault), reportage

Malgré l’heure matinale, la salle des fêtes de Bélarga fourmille d’animation. Dans un joyeux brouhaha, une petite foule déambule de l’étal coloré de légumes au stand de café. Le long du mur, une file s’est formée devant un camion-épicerie. Assise dans une chaise longue, Fanny patiente. « Ici, on nous donne les moyens de manger de bons produits, je me sens mieux qu’aux Restos du cœur », glisse-t-elle.

« Ici », c’est l’épicerie mobile de l’association Terre-Contact. « Sur les stands et dans le camion, on propose des produits frais et secs, dont certains bio ou locaux », résume Florence Cros, coordinatrice du projet baptisé Roul’Contact. Pour chaque denrée, deux tarifs, dont un solidaire. Pour 1 kilo de blettes cultivées par le maraîcher du coin, comptez ainsi 2,30 euros ou 0,84 euro, selon vos revenus.

Deux fois par mois, le camion sillonne la campagne héraultaise, s’arrêtant dans six communes différentes. Objectif de l’opération : « Proposer une alimentation saine et de qualité pour tous et toutes », indique Florence Cros. Car la précarité alimentaire — qui touche plus de 1 personne sur 10 — sévit aussi en milieu rural. Selon le Secours catholique, certaines zones rurales sont ainsi devenues « des déserts alimentaires » : « Le manque de mobilité des personnes en situation de vulnérabilité rend l’accès à une alimentation de qualité encore plus difficile. »

Des ateliers pour briser l’isolement

« À cause d’une invalidité, je ne peux plus travailler, explique Hasna, avec ses deux grands cabas remplis de légumes et de fruits. Sans l’épicerie, je ne pourrais pas nourrir mes deux enfants. » Le regard las, elle accepte une tasse fumante avant de repartir. Car Roul’Contact n’est pas qu’un magasin mobile : « On ne peut pas agir sur la précarité alimentaire sans agir sur la vie sociale », insiste la…

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Auteur: Lorène Lavocat