Chère Frustration est notre nouvelle rubrique créée pour permettre à nos lectrices et lecteurs de nous adresser des questions, des remarques ou des témoignages sur lesquelles elles ou ils souhaitent une réponse publique de notre part. Aujourd’hui, Pitucho, agent du fisc, nous parle de son mal être au travail lié à l’impossibilité de s’en prendre aux vrais gros fraudeurs. Pour participer à “Chère Frustration”, écrivez-nous à [email protected]
Chère Frustration,
Il est quatre heures du matin quand je débute l’écriture de ces lignes, poussé par la soudaine envie de vider mon sac. Mes paupières sont lourdes, j’ai du mal à garder les yeux ouverts et pourtant je dors mal et bien trop peu. À la longue, mon corps manifeste des problèmes de santé que je n’aurais pas soupçonné. Je comprends mieux l’expression « un esprit sain dans un corps sain ».
En tant que fonctionnaire des finances publiques, je suis actuellement un agent chargé du contrôle fiscal des revenus des particuliers. Pour le dire simplement, mon travail quotidien consiste à vérifier que les revenus et autres éléments sont correctement renseignés sur les déclarations de revenus. Il me revient de m’assurer que tous les revenus, tels que des salaires, revenus des indépendants, dividendes, intérêts de placement, revenus immobiliers ou encore gains de cessions d’actions, sont déclarés pour leur montant réel et en bonne et due forme. Si une erreur ou une fraude est détectée, je dois alors notifier le contribuable dans le cadre d’un échange contradictoire et lui adresser les éventuels rappels ou dégrèvements d’impôts.
À force de côtoyer mes populos de riches, la santé mentale prend un coup. Et ce d’autant plus que la maîtrise de l’outil de travail nous échappe, une part grandissante du travail étant préemptée au service de cette classe spoliatrice.
En ce qui me concerne, j’ai plus souvent affaire à des capitalistes…
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Auteur: Rédaction

