Paris, reportage
À la Cité internationale universitaire de Paris, la Cafet’ est nichée en contrebas, en rez-de-jardin. Il faut descendre quelques marches depuis les allées impeccablement tracées de ce campus singulier, posé à la lisière du parc Montsouris, où 43 maisons représentent autant de pays. On peut y flâner, traverser un parc — et manger. Ici, un repas complet coûte 3,30 euros, 1 euro seulement pour les étudiants boursiers ou en situation de précarité.
À peine installés, une employée s’approche : « Bonjour messieurs, je suis désolée de vous dire qu’il faudra consommer. » On remballe l’enregistreur et on fait la queue. Comme tout le monde. À nos côtés, Vipulan Puvaneswaran sourit. Un sourire un peu malicieux, qui trahit un tempérament taquin. Ce lieu, il le connaît par cœur. Il y passe entre deux cours, avant de rentrer chez lui dans l’Essonne, parfois même pendant les vacances. « Ma mère, ça l’exaspère un peu. Mais pour un euro, c’est imbattable. C’est le prix d’une pomme. »
C’est ici que Vipulan Puvaneswaran, activiste écolo décolonial de 22 ans, a choisi de se raconter. Pas pour livrer une histoire individuelle tartinée de pathos — il n’y tient pas — mais pour mettre en mots une trajectoire politique qui déborde largement sa personne. Depuis les grandes mobilisations climat de 2019, on le croise sur les ronds-points militants comme dans les cortèges parisiens.
Visage juvénile des marches pour le climat
Le portrait qu’il esquisse de lui-même se tient à distance des figures commodes : ni héros précoce, ni incarnation providentielle du climat. Juste un militant parmi d’autres, pris dans un moment de bascule où les urgences s’additionnent et s’entrecroisent.
En 2019, Vipulan faisait partie de ces visages très jeunes, qui se démenaient déjà au sein du mouvement climat. Il était de toutes les marches, des assemblées de Youth for Climate, mais aussi…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi, NnoMan Cadoret

